Ces femmes qui font bouger les lignes
Édition 2026
Marie-Christine CHABOISSIER
« Je questionne beaucoup et ne prends rien pour acquis, ce qui nous a permis de remettre en cause certains dogmes. »
Qui êtes-vous ?
Je suis directrice de recherche (DRCE) au CNRS et responsable depuis 2007 de l’équipe « Détermination du sexe et fertilité » à l’Institut de Biologie Valrose (iBV) à Nice. De formation en génétique moléculaire et cellulaire, j’ai obtenu un doctorat à l’Université Paris XI. Mon parcours scientifique s’est construit à travers une mobilité internationale, avec des expériences de recherche en France, au Royaume-Uni (Ecosse et Angleterre) et en Allemagne. Je coordonne actuellement une équipe, et nous menons des travaux de recherche fondamentale dans le domaine de la biologie de la reproduction, plus précisément sur les mécanismes qui déterminent le sexe de l’individu..
Qu’est-ce que "faire bouger les lignes pour vous" ?
Pour moi, « faire bouger les lignes” signifie faire progresser nos connaissances. Dans mon domaine, il a longtemps été admis que le sexe biologique de l’individu était uniquement déterminé par un facteur mâle, la différenciation femelle se faisait “par défaut”. Nos travaux ont contribué à montrer que la différenciation femelle est en réalité un processus actif et ont conduit à mettre en évidence l’existence d’un véritable déterminant ovarien.
En recherche, « faire bouger les lignes » passe souvent par de petites avancées, mais dont l’impact est majeur : elles ouvrent de nouveaux horizons et repoussent les limites de notre compréhension.
Quelles sont vos forces ?
J’aime la recherche scientifique, et je pense que cette passion est une véritable force : elle me pousse à être curieuse, engagée et persévérante. J’ai aussi le sens de la collaboration et sais demander de l’aide lorsque c’est nécessaire, ce qui est essentiel en recherche. Je pense avoir un esprit critique : je questionne beaucoup et ne prends rien pour acquis, ce qui nous a permis de remettre en cause certains dogmes et de faire avancer notre recherche.
Enfin, je considère que mon entourage constitue une force majeure, qu’il s’agisse de l’excellence de mon équipe ou du soutien de mon partenaire, de mes enfants et de mes amis.
Quel fait marquant à fait évoluer votre carrière ?
Lors de mon post-doctorat à Édimbourg, une conférence sur la découverte du gène SRY, le gène nécessaire au développement mâle, a été déterminante. Elle a éveillé mon intérêt pour les mécanismes de la détermination du sexe et m’a conduite, deux ans plus tard, à changer de thématique de recherche pour étudier ce processus sur un modèle mammifère.
Racontez un obstacle et comment vous l’avez surmonté ?
Il y a une dizaine d’années, j’ai traversé une période difficile : plusieurs demandes de subvention ont été refusées, au point que les ressources financières pour poursuivre nos travaux se sont fortement réduites. Même si je n’ai pas un ego très marqué, demander de l’aide n’a pas été simple. J’ai toutefois pu compter sur le soutien de mes collaborateurs et de mon institut. Grâce à cet appui, nous avons maintenu le projet et obtenu un financement l’année suivante.
Quels sont vos projets ?
Je viens d’obtenir un financement de l’European Research Council, ce qui va nous permettre d’aller beaucoup plus loin dans nos travaux. L’objectif est d’approfondir notre compréhension des mécanismes fondamentaux de la détermination du sexe, en particulier du développement ovarien. Ce financement nous donne les moyens d’explorer de nouvelles approches, de renforcer l’équipe et de répondre à des questions qui étaient jusqu’ici hors de portée, avec l’ambition de faire émerger de nouvelles connaissances fondamentales.
Quelles sont vos valeurs en dehors de votre vie professionnelle ?
En dehors de ma vie professionnelle, mes valeurs sont avant tout humaines comme la gentillesse et l’honnêteté. J’accorde aussi une grande importance à la famille et à l’amitié.
Une personne inspirante pour vous ?
Il existe de grandes figures historiques ou contemporaines que je pourrais citer, mais j’admire avant tout les personnes qui prennent soin des autres, souvent dans des contextes difficiles et sans rechercher la reconnaissance, ce qui suscite chez moi un profond respect.
Lydie DUSSOL
« Les échecs peuvent conduire à des issues plus pertinentes que celles initialement envisagées. »
Qui êtes-vous ?
Je suis archéologue au laboratoire CEPAM, spécialiste des Mayas, et enseignante-chercheuse à l’Université Côte d’Azur. Après un doctorat à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, j’ai obtenu un contrat post-doctoral IdEx Jeune Chercheur qui m’a permis d’intégrer le CEPAM. J’ai ensuite fait un an comme ATER avant d’être recrutée comme Maîtresse de Conférences en 2021. Mes terrains d’étude se situent principalement en Amérique centrale (sud du Mexique, Guatemala, Honduras), où j’étudie les relations entre les sociétés précolombiennes et l’environnement.
Concrètement, je m’intéresse à l’évolution des forêts tropicales sous l’effet des activités humaines (exploitation du bois, agriculture, incendie, etc.) et des changements climatiques à l’Holocène. Je travaille aussi sur l’usage des plantes dans les anciennes pratiques rituelles. À l’université, j’enseigne l’archéologie environnementale en Licence d’Histoire, en Licence Sciences de la Vie et dans le Master « Préhistoire, Paléoenvironnement, Archéosciences et Archéologie » dont je suis la directrice adjointe.
Qu’est-ce que signifie pour vous « faire bouger les lignes » ??
Tout dépend de ce qu’on entend par « lignes ». Être acteur et actrice du changement ? Un mentor m’a dit un jour que désormais, c’était à moi de « tirer la charrette » pour que d’autres puissent y monter. C’est ce que je m’efforce de faire. Est-ce que je fais bouger des lignes ? Je ne sais pas !
Quelles sont vos forces ?
Beaucoup d’enthousiasme et un optimisme mesuré, sources de créativité, de persévérance et de confiance en l’avenir. La conviction que les difficultés sont l’occasion de développer de nouvelles compétences et que les échecs ou les impasses peuvent conduire à des issues plus pertinentes que celles initialement envisagées.
Quel fait marquant a fait évoluer votre carrière ?
Peut-être l’obtention d’un projet ANR (Agence Nationale de la Recherche) Jeune Chercheuse en 2024, lui-même faisant suite à divers financements qui ont permis la réalisation de campagnes décisives sur le terrain au Guatemala. Tout cela m’a valu la médaille de bronze du CNRS en 2025.
Racontez un obstacle et comment vous l’avez surmonté ?
Lorsque l’on organise des missions sur des terrains lointains, potentiellement dangereux, impliquant toute une équipe, et dans des conditions parfois difficiles, les imprévus sont la norme. Les missions sont régulièrement reportées voire annulées. Une fois sur place, les problèmes techniques, logistiques, institutionnels ou de sécurité peuvent compromettre les objectifs scientifiques. Le moyen de surmonter ces obstacles est tout simplement… de les accepter ! Prise de recul et sens du discernement sont alors des clés pour ne pas sombrer dans un sentiment d’échec insidieux, de même que la capacité à relativiser les contretemps grâce à une vision à long terme.
Quels sont vos projets?
Une fois mon projet ANR terminé dans l’aire maya, j’aimerais développer davantage mes recherches dans d’autres zones de l’Amérique centrale, au Honduras et au Nicaragua, ainsi que dans les Petites Antilles. Ce sont des zones où l’archéologie environnementale est très peu développée et où les environnements anciens sont encore largement méconnus.
Quelles sont vos valeurs en dehors de votre vie professionnelle ?
Je suis très attachée à l’auto-détermination de la pensée et des actions. Cela suppose à la fois l’éducation et l’autonomisation des individus, et la responsabilité assumée de nos actes et de leurs conséquences. Il me semble aussi important de cultiver la bienveillance et une réelle tolérance, c’est-à-dire éviter les jugements hâtifs et accorder aux autres le bénéfice du doute en cas d’erreur ou d’agissement mal perçu. Cela implique aussi de comprendre et d’accepter que ce qui est vrai, bon et juste de notre point de vue ne l’est pas forcément de manière universelle et intemporelle.
Une personne inspirante pour vous ?
Mes collaborateurs et mes proches sont les personnes qui m’inspirent. J’observe les qualités que j’admire chez eux et j’essaye de les intégrer dans mon propre comportement.
Astrid LAMBERTS
« Combiner des champs de recherche et des expertises, aller là où on n’est pas attendues. »
Qu’est-ce que "faire bouger les lignes pour vous" ?
C’est combiner des champs de recherche et des expertises, aller là où on n’est pas attendues. Pour moi c’est passer de l’astrophysique traditionnelle aux ondes gravitationnelles et maintenant revenir à l’astronomie en proposant notamment des observations à grande échelle pour préparer LISA.
C’est aussi gérer une équipe autrement, avec de l’ambition scientifique mais surtout du respect pour chacun, les différences, les envies et parfois les difficultés des gens. Combiner les champs de recherche veut dire combiner les expertises pour faire émerger quelque chose de très beau.
C’est aussi refuser parfois l’ordre des choses et faire autrement, même quand on a un peu peur.
Quelles sont vos forces ?
On me dit souvent que je ne lâche rien, et que mon travail c’est ma passion. Les deux sont vrais ! Je reste avant tout émue et portée par la beauté du monde.
Qui êtes-vous ?
Je suis chargée de recherche au CNRS et je travaille dans les laboratoires Lagrange et Artémis de l’Observatoire de la Côte d’Azur. Avec mon équipe je travaille sur les ondes gravitationnelles, un nouveau moyen de sonder l’Univers. Je suis co-responsable scientifique de la contribution française à la mission spatiale LISA qui nous permettra d’entendre les fusions de trous noirs aux confins de l’Univers
Quel fait marquant a fait évoluer votre carrière ?
En 2016, les premières détections d’ondes gravitationnelles ont été annoncées. Ce n’était pas mon sujet de recherche à ce moment-là, mais j’ai trouvé ça tellement beau, excitant, que je n’ai pas pu résister à aller explorer ce nouveau terrain de jeu. Petit à petit, j’ai commencé à travailler dessus et maintenant je ne fais que ça.
Racontez un obstacle et comment vous l’avez surmonté ?
L’astronomie des ondes gravitationnelles n’était pas très développée quand je suis arrivée à Nice en 2018. Il a fallu donc que je me lance et que je cherche des financements pour créer une équipe. C’était aussi l’opportunité de m’associer à des collègues, et d’apprendre beaucoup d’eux. J’ai été très bien conseillée et entourée. J’ai aussi un mari qui fait ça dans notre vie familiale.
Quels sont vos projets ?
LISA va nous permettre de détecter des choses que nous n’avons encore jamais vues. Nous allons voir notre propre Galaxie d’une nouvelle façon et allons aussi pouvoir sonder l’Univers très lointain. C’est le plus important projet que l’Agence Spatiale Européenne (ESA) ait jamais fait, avec une très importante contribution française et un lancement prévu en 2035. D’ici là, il faut aider l’ESA dans la préparation de la mission, construire une communauté française et internationale prête à exploiter les résultats scientifiques et développer tous les outils pour traiter les données. C’est un travail technique, scientifique et d’organisation passionnant.
Quelles sont vos valeurs en dehors de votre vie professionnelle ?
Je crois que les valeurs doivent être les mêmes dans le monde professionnel et personnel, sinon on ne s’en sort pas : construire les choses sur la confiance et accepter les erreurs, de soi et des autres.
Une personne inspirante pour vous ?
Elles sont tellement nombreuses ! Des chercheuses historiques, des collègues du quotidien, mes doctorant·es et postdoctorant·es, des mentors sur qui on peut compter, la famille.
Océane TOURNIÈRE
« Se priver des femmes, c’est se priver de la moitié des idées et solutions pour répondre aux grands défis de notre temps. »
Qui êtes-vous ?
Je suis Océane Tournière, chercheuse postdoctorante en biologie du développement et génétique à l’Institut de Biologie Valrose à Nice. Originaire de Tourrettes-sur-Loup et issue d’une famille de restaurateurs, j’ai grandi dans un environnement où le travail, l’échange et la curiosité avaient une grande place. J’ai très tôt développé une fascination pour le vivant, notamment en pêchant au Cap d’Antibes.
Je me suis ensuite formée dans plusieurs laboratoires européens (Paris, Écosse, Norvège, Londres), ce qui m’a donné le goût de la recherche internationale. Aujourd’hui, je poursuis cette curiosité au laboratoire, avec la même envie : comprendre comment une cellule unique peut donner naissance à toutes les cellules de notre corps et partager cette passion avec le plus grand nombre.
Qu’est-ce que "faire bouger les lignes pour vous" ?
Seules 30 % des chercheurs sont des femmes. « Faire bouger les lignes », c’est rappeler que se priver des femmes, c’est se priver de la moitié des idées et solutions pour répondre aux grands défis de notre temps.
À mon échelle, c’est refuser de me laisser enfermer par les stéréotypes et oser suivre un chemin qui n’était pas forcément tracé pour moi. En science, cela veut dire poser des questions difficiles, remettre certains dogmes en question, proposer d’autres façons de voir un problème.
C’est aussi montrer qu’une jeune femme issue d’un milieu non académique peut y trouver sa place et, je l’espère, rendre ce chemin un peu plus accessible à celles et ceux qui viendront après.
Quelles sont vos forces ?
· Ma détermination : depuis 15 ans je poursuis le rêve de devenir chercheuse, chaque difficulté renforce ma motivation.
· Ma curiosité : j’aime comprendre le “pourquoi du comment” derrière les mécanismes du vivant.
· Mon sens du relationnel : j’aime échanger, transmettre, écouter les autres et faire de la recherche une aventure humaine autant que scientifique.
Quel fait marquant a fait évoluer votre carrière ?
Un moment décisif a été mon tout premier stage de recherche à Villefranche-sur mer, lors de ma licence à Nice. Pour la première fois, je travaillais sur une question à laquelle personne n’avait encore la réponse, ce qui est extrêmement excitant. Pour ma thèse, j’ai choisi de partir en Norvège pour étudier l’origine des neurones chez l’anémone de mer. Vivre et travailler à l’étranger, loin de mes proches, n’a pas toujours été facile, mais cela a profondément forgé mon caractère et ma manière de faire de la science, et a confirmé mon envie d’être une chercheuse ouverte sur le monde, en construisant des liens et des collaborations au-delà des frontières.
Racontez un obstacle et comment vous l’avez surmonté ?
Une de mes plus grandes difficultés est mon manque de confiance en moi, ce fameux “syndrome de l’imposteur”. Les expériences qui échouent, les financements refusés… tout cela peut facilement renforcer l’idée qu’on n’est “pas à la hauteur”. Avec le temps, j’ai appris à transformer ce doute en moteur : il me pousse à vérifier mes résultats, à être très rigoureuse, à ne rien prendre pour acquis, et au final à produire un travail plus solide, ce qui a fini par être reconnu, à la fois par mes pairs et par des programmes nationaux et internationaux prestigieux.
Quels sont vos projets ?
Mon projet principal est de comprendre comment le chromosome X influence la santé.
Dans chacune de nos cellules, nous avons différents chromosomes, dont les chromosomes sexuels : les hommes sont XY et les femmes XX. Le chromosome X est donc présent chez tout le monde, mais on ne connait pas quels sont toutes les conséquences d’en avoir une ou deux copies.
Beaucoup de maladies présentent un biais entre les sexes (plus fréquentes ou graves chez les hommes ou chez les femmes), sans que l’on sache toujours pourquoi.
Une des pistes que j’explore est le rôle de la « dose » de chromosomes X — un seul contre deux. J’utilise un organisme modèle, la mouche du vinaigre, pour identifier quels gènes portés par le chromosome X sont véritablement essentiels, et pour lesquels le fait d’en posséder une ou deux copies a des conséquences majeures. Lorsque leur dosage est perturbé, certaines cellules peuvent mourir ou certains organes se développer et fonctionner de manière anormale.
Développer ma propre ligne de recherche, encadrer des étudiants et continuer à faire le lien entre recherche fondamentale et compréhension des différences entre les sexes me motive chaque jour.
Quelles sont vos valeurs en dehors de votre vie professionnelle ?
Une valeur qui m’a guidée dans beaucoup de mes choix est de tout faire pour ne pas avoir de regrets. J’accorde aussi une grande importance à la sincérité dans mes relations, à la reconnaissance des autres et à l’empathie : pour moi, le respect, l’écoute et la bienveillance sont essentiels, avec mes proches et les personnes rencontrées au quotidien.
Une personne inspirante pour vous ?
Petite, j’adorais Harry Potter, et le personnage d’Hermione m’a beaucoup inspirée : une fille qui travaille dur, brillante, mais aussi profondément humaine et imparfaite. Ça m’a aidée à assumer le fait d’aimer apprendre.
Aujourd’hui, les personnes qui m’inspirent le plus sont ma famille, qui m’a toujours soutenue, et mes mentors, qui m’ont encouragée à aller plus loin que ce que je pensais possible. Leur confiance en moi, parfois plus forte que la mienne, a joué un rôle clé dans mon envie de persévérer en science.
Sandra BOSIO
« Affirmer sa place et sa légitimité dans un environnement historiquement masculin. »
Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Sandra BOSIO. Je suis ingénieure d’étude en conception mécanique et responsable du service mécanique de l’Institut de Physique de Nice - INPHYNI.
Après l’obtention d’un BTS Microtechniques en 2004, j’ai débuté ma carrière à l’Observatoire de la Côte d’Azur au sein d’un bureau d’étude. J’ai ensuite intégré le Laboratoire Ondes et Matière d’Aquitaine à Bordeaux, où ma carrière a évolué et m’a permis d’obtenir un master Responsable Qualité et Environnement. En 2018, j’ai rejoint le laboratoire INPHYNI.
Ma mission consiste à faire le lien entre l’intention scientifique et sa concrétisation mécanique : traduire un besoin de recherche parfois très théorique en solutions techniques, prototypes et dispositifs expérimentaux fiables et innovants.
Qu’est-ce que "faire bouger les lignes pour vous" ?
Pour moi « faire bouger les lignes » ; c’est rendre possible ce qui ne l’était pas encore. C’est accompagner les chercheurs au-delà des limites existantes, en proposant des solutions mécaniques adaptées à des problématiques scientifiques nouvelles ou complexes.
C’est aussi affirmer sa place et sa légitimité dans un environnement historiquement masculin, en montrant que la diversité des profils et des parcours est une richesse pour la recherche et l’innovation.
Ondes en Milieux Complexes - 2021
Quelles sont vos forces ?
Mes forces s’expriment avant tout dans mon sens de l’organisation et de la gestion de projet, qui me permettent de structurer efficacement des projets complexes. J’ai également une solide capacité à comprendre les enjeux scientifiques et à les transformer en solutions concrètes. Mon énergie positive et ma joie de vivre contribuent à créer un climat de travail collaboratif et stimulant. Enfin, je suis profondément motivée par la science appliquée, là où la théorie prend forme à travers des réalisations techniques innovantes.
Quel fait marquant a fait évoluer votre carrière ?
Au cours de ma carrière, j’ai eu la chance de participer au développement de projets très variés, dans des domaines tels que l’écoulement des fluides, l’astrophysique, la chimie, l’interférométrie, la rhéologie ou encore la biophysique.
Cette diversité m’a permis d’élargir mes compétences et de nourrir ma créativité, notamment à travers la conception de prototypes innovants.
Parmi les projets marquants auxquels j’ai participé, je citerais notamment VEGA, un projet d’interférométrie optique associé à l’interféromètre CHARA situé près de Los Angeles. Cet instrument, formé de six télescopes combinés pour atteindre de très grandes résolutions angulaires, est conçu pour observer avec une précision extrême des détails stellaires inaccessibles aux télescopes classiques.
J’ai également été impliquée dans le projet Cyclobulle, mené au Laboratoire Ondes et Matière d’Aquitaine, qui explore des régimes de turbulence à basse dimensionnalité et de dynamique complexe des écoulements. Enfin, au sein du laboratoire INPHYNI, j’ai contribué par exemple à la création d’un prototype de cisaillement en diagonale, un dispositif expérimental novateur destiné à étudier les écoulements lents de suspensions de particules solides non browniennes.
Racontez un obstacle et comment vous l’avez surmonté ?
L’un des principaux obstacles a été de s’affirmer dans un environnement très masculin, notamment dans le domaine de la mécanique, et d’obtenir l’écoute et la confiance des chercheurs.
Je l’ai surmonté en faisant mes preuves, projet après projet, en démontrant la pertinence de mes choix techniques, ma rigueur et ma capacité à comprendre les besoins scientifiques. La confiance s’est construite dans le temps, grâce au travail et à l’engagement.
Quels sont vos projets ?
Je crois pouvoir dire que mes points forts sont ma ténacité (je suis convaincue que tout problème scientifique a une solution), ma passion infinie pour mon travail et ma capacité à imaginer des solutions faisant appel à plusieurs disciplines, allant des sciences “dures” aux sciences sociales.
Quelles sont vos valeurs en dehors de votre vie professionnelle ?
En dehors du travail, mes amies occupent une place très importante dans ma vie. J’accorde beaucoup de valeur aux moments de partage, à la convivialité et à la fête.
Je m’implique également ponctuellement dans des actions bénévoles, qui me permettent de rester connectée à des valeurs de solidarité et d’entraide.
Une personne inspirante pour vous ?
Deux personnes ont particulièrement marqué mon parcours.
Tout d’abord, mon premier chef d’atelier, rencontré lors d’un stage, qui m’a transmis son savoir-faire, ses astuces de fabrication et une approche très concrète du lien entre science et réalisation mécanique.
Ensuite, un responsable de projet qui m’a formée à la conception et à l’analyse fine du besoin scientifique, m’apprenant à comprendre l’environnement global d’un prototype avant même de commencer à le dessiner.
Antitza DANTCHEVA
« Le défi n'est plus seulement de faire bouger les lignes, mais de les orienter dans la bonne direction. »
Qui êtes-vous ?
Je suis Antitza Dantcheva, directrice de recherche à l'Inria. Mes recherches portent sur la vision par ordinateur et sur le sujet de l'analyse et de la génération de vidéos faciales. Je reste fascinée par le décryptage de l'apparence et du comportement facial humain, et par la découverte des différentes facettes liées à l'identité, au caractère et à la santé mentale. Je suis également la mère fière d'une fille brillante et belle - Danaé, que j'aimerais inspirer à trouver sa passion dans le nouveau paysage de la recherche.
Qu’est-ce que signifie pour vous « faire bouger les lignes » ?
Dans le domaine de l'intelligence artificielle ces dernières années, les frontières que l'on croyait fixes ont été complètement redéfinies. J'ai pris part à une transformation si rapide et si profonde que la carte de la recherche ne cesse d'être redessinée, sous nos yeux.
Face à cette dynamique puissante, le défi n'est plus seulement de faire bouger les lignes, mais de les orienter dans la bonne direction. La véritable mission est d'identifier l'impact concret de ces avancées et de canaliser cette énergie considérable vers un seul but : servir les personnes. Comment ? En plaçant systématiquement la question « Comment cela peut-il aider les gens ? » au cœur même du processus de recherche et d'innovation. Il s'agit de faire en sorte que le progrès technologique soit, par conception, un progrès à la fois éthique et sociétal.
Quelles sont vos forces ?
Je dirais que mes forces s’articulent autour d’une vision élargie, à l’intersection des sciences, de la tech et des sciences humaines ; de la passion pour concevoir de nouveaux modèles afin de résoudre des problèmes complexes ; de l’art de fédérer une équipe d’étudiants et de collaborateurs ; et enfin, de la persévérance pour obtenir des résultats tangibles.
Quel fait marquant a fait évoluer votre carrière ?
Mon arrivée en France pour ma thèse a été le déclic où je suis tombée amoureuse de la recherche. L'obtention de mon poste permanent à l'Inria en 2019 a concrétisé mon ambition d'en faire ma carrière. Enfin, depuis, diriger mon groupe de recherche est une source d'excitation permanente : voir mes idées prendre vie grâce à mes étudiants, et que notre vision collective devienne réalité.
Racontez un obstacle et comment vous l’avez surmonté ?
Pendant longtemps, nous nous sommes heurtés à un obstacle majeur : impossible d'introduire un contrôle précis dans la génération de vidéos humaines. Nous avons réussi à désentrelacer l'apparence et le mouvement, puis à explorer la dynamique du mouvement, mais le vrai contrôle restait hors de portée. Très récemment, avec mon ancien doctorant Yaohui Wang, nous avons enfin résolu ce problème persistant en intégrant une contrainte sparse dans notre modèle LIA-X - une avancée qui nous a apporté une immense joie.
Quels sont vos projets ?
Je suis très intéressée par le développement des fondements algorithmiques de la génération conjointe de vidéos synthétiques et de l'apprentissage visuel. Mes recherches explorent l'interaction fondamentale entre la génération de vidéos, les données synthétiques et les algorithmes d'apprentissage visuel basés sur la vidéo.
Par ailleurs, nous explorerons les fondements des techniques de génération et de détection développées conjointement. L'idée centrale est que, pour concevoir des méthodes de détection fiables, il est impératif de prendre en compte des méthodes de génération fortes et diverses — car la robustesse de la détection ne peut être atteinte qu'en anticipant l'ensemble du spectre des contenus synthétiques possibles.
Quelles sont vos valeurs en dehors de votre vie professionnelle ?
En dehors de ma vie professionnelle, je suis profondément attentive aux défis que l'IA soulève dans la société. Si cette technologie est d'une aide précieuse, elle nous confronte aussi à des problèmes majeurs comme les deepfakes ou l'impact sur la santé mentale. Ces enjeux sont précisément ce qui me motive chaque jour dans mes recherches.
Une personne inspirante pour vous ?
Monique THONNAT, ancienne directrice d'Inria Bordeaux et Chevalier de la Légion d'Honneur, a été une source d'inspiration majeure. Sa brillance, sa compétence et sa générosité intellectuelle — toujours partager pour aider et challenger — m'ont profondément marquée. Travailler avec elle a été une chance, et son influence guide encore aujourd'hui ma façon d'être chercheuse.
Lise ARENA
« Déplacer le regard et ouvrir des possibles là où tout semblait aller de soi. »
Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Lise Arena. Je suis professeure en Sciences de Gestion et du Management, chercheure au GREDEG (CNRS) et responsable du Master Stratégie Digitale à l’EUR Économie et Management. Depuis 2025, je préside l’Association pour l’Histoire du Management et des Organisations (AHMO), une association nationale qui fait dialoguer histoire et management : deux mondes qui n’ont pas les mêmes fondements, qui ont parfois du mal à dialoguer, mais qui ont cependant beaucoup à s’apporter mutuellement.
Mon parcours n’est pas linéaire. J’ai été formée à la fois en histoire contemporaine à l’Université d’Oxford et en sciences de gestion à l’Université Côte d’Azur. J’ai soutenu deux thèses de doctorat dans ces deux disciplines différentes avant de devenir enseignante-chercheure. Aujourd’hui, ce qui me passionne est de déconstruire les discours dominants sur l’innovation et le numérique en interrogeant les trajectoires établies, les récits officiels et les « success stories » trop bien huilées. Cela permet de nuancer le caractère dit inéluctable de certaines technologies pour envisager d’autres futurs possibles.
L’histoire me permet de revenir sur le passé et la mémoire des organisations pour mieux comprendre leurs positionnements actuels et leurs projections futures. Je travaille sur les innovations numériques - telles que l’intelligence artificielle ou la blockchain - avec une conviction forte : la technologie n’est ni une fin en soi, ni une solution systématique. Tout dépend des usages, des besoins organisationnels et de la manière dont ces dispositifs s’inscrivent dans des stratégies de long terme.
Qu’est-ce que "faire bouger les lignes pour vous" ?
Faire bouger les lignes, ce n’est pas tout renverser en tapant du poing sur la table. Chacun le fait à sa manière, avec sa sensibilité et sa trajectoire. Pour moi, cela commence par interroger ce que l’on tient pour acquis, déplacer le regard et ouvrir des possibles là où tout semblait aller de soi. C’est aussi accepter de travailler aux frontières : entre disciplines, entre recherche académique et monde des entreprises, entre passé et futur.
Parfois, cela prend une forme beaucoup plus concrète, en dehors même des murs de l’université. Dans des échanges avec nos filles, par exemple, qui estiment que le combat pour l’égalité sera gagné le jour où il n’y aura plus besoin d’expositions comme « Ces femmes qui font bouger les lignes » ! Tant que ces espaces de visibilité existent, ils rappellent à la fois le chemin parcouru et celui qu’il reste à accomplir.
J’ai la chance d’exercer un métier qui offre une grande liberté intellectuelle. Faire bouger les lignes, c’est accompagner les étudiants, les protéger parfois, et les préparer à la vie professionnelle quels que soient leur parcours ou leur milieu d’origine. C’est particulièrement vrai pour les étudiantes dans les métiers du numérique, et c’est pour cela que je m’engage autant à les encourager à y trouver pleinement leur place.
Quelles sont vos forces ?
L’ouverture d’esprit et la patience.
L’ouverture d’esprit parce-que j’aime penser « hors cadre » et travailler avec des chercheurs d’autres horizons. Le dialogue interdisciplinaire est exigeant - il demande du temps et de l’écoute - mais il est particulièrement fécond lorsqu’on travaille sur le numérique.
La patience est également essentielle. Pour évoluer sereinement dans mon métier, il faut savoir être résilient, évoluer et ne pas se décourager. Écouter tous les avis sans discernement peut parfois freiner un parcours. À 20 ans, on m’a expliqué que candidater dans une université britannique était trop ambitieux. À 25 ans, lors des jurys de concours de maître de conférences, on me disait que travailler en histoire n’avait aucun intérêt managérial et n’avait donc pas sa place en sciences de gestion. Ces expériences m’ont appris qu’il est essentiel d’écouter les personnes qui comptent réellement, tout en sachant, parfois, rester fidèle à ses propres convictions et s’autoriser à s’écarter de l’ordre établi.
Quel fait marquant à fait évoluer votre carrière ?
Sans doute les moments où j’ai su oser, en allant vers des objectifs qui ne semblaient pas forcément à ma portée a priori. Au départ, je dirais l’obtention du prix de thèse de l » « Association Information et Management », communauté de référence dans mon champ. Je connaissais encore peu ce collectif, et ce prix m’a permis de m’en rapprocher progressivement, jusqu’à siéger quelques années plus tard à son conseil d’administration, puis à être aujourd’hui chargée de mission sur l’histoire et les archives de l’association.
Un second fait marquant : l’obtention de deux projets de recherche financés - un projet ANR (Agence Nationale de la Recherche) en 2018, puis un projet Région–BPI France en 2025 - en collaboration avec François Verdier, collègue micro-électronicien. Ce travail commun m’a permis d’approfondir le dialogue interdisciplinaire entre sciences humaines et sociales et sciences de l’ingénieur. En travaillant sur des thématiques liées à la cybersécurité et à la blockchain, en lien étroit avec des entreprises du territoire, on a construit une forme de collaboration qui n’est pas forcée, mais qui mobilise les SHS comme de véritables ressources pour la conception d’objets numériques. Les débuts ont été difficiles, parfois proches d’un dialogue de sourds … avant qu’un langage commun et des codes partagés ne s’imposent progressivement !
Racontez un obstacle et comment vous l’avez surmonté ?
À 20 ans, j’ai quitté Nice pour intégrer un master à Oxford. J’ai quitté mon environnement familial et toute ma vie sociale pour rejoindre l’inconnu. Mon ordinateur portable n’était pas encore arrivé (pas de smartphone à l’époque !) et je n’avais avec moi qu’une petite radio et l’autobiographie de Frida Kahlo, qui m’a donné beaucoup de courage. Les personnes que je rencontrais m’impressionnaient, et dès la première semaine, j’ai dû travailler sur un sujet totalement nouveau pour moi, avec une bibliographie d’une trentaine de références.
Je n’ai sans doute jamais autant travaillé que durant ce premier mois de formation. Cette expérience m’a appris que rien n’est impossible et qu’il ne faut jamais s’auto-censurer face à des objectifs qui paraissent, au départ, insurmontables.
Quels sont vos projets ?
Prendre davantage le temps de l’histoire et des archives. Travailler avec les organisations du territoire sur la mémoire, la conservation et la mise en récit du passé. À l’heure de l’instantanéité et des discours futuristes sur l’IA, replacer l’innovation dans la durée permet de mieux penser nos futurs. Je travaille actuellement sur l’histoire du tramway et des innovations de mobilité à Nice.
Quelles sont vos valeurs en dehors de votre vie professionnelle ?
La liberté, avant tout, et toutes les formes de résistance qui lui sont associées.
Mon attachement à la résistance s’est construit très tôt. J’ai eu la chance, dès le collège, d’avoir des professeurs d’histoire qui savaient faire vivre le passé et le rendre concret. En classe de troisième, j’ai participé à un concours consacré aux femmes dans la Résistance en région PACA. À cette occasion, j’ai réalisé mon premier entretien avec une résistante locale, chez elle. Cette rencontre m’a profondément marquée.
Une personne inspirante pour vous ?
Ma mère, Anna MARICIC, d’abord, qui a structuré mon enfance et qui continue de me donner l’envie d’avancer chaque jour.
Puis, dans ma vie académique, ma directrice de thèse à Oxford, Jane HUMPHRIES, historienne sociale. Avant qu’elle n’encadre mon doctorat, j’avais travaillé, sous sa direction, sur un mémoire consacré à la mise en lumière de femmes économistes longtemps restées invisibilisées. Jane m’a appris à ne pas douter, à ne pas renoncer, et m’a transmis le sens du travail d’archives, sans dogmatisme.
Plus tard, à Nice, j’ai rencontré Bernard CONEIN, sociologue ayant effectué une partie de sa carrière aux États-Unis, à San Diego. Il m’a appris à penser nos rapports aux technologies et à tisser des liens entre disciplines. Indifférent aux frontières académiques trop rigides, il me confiait des textes, puis nous en discutions pendant des heures. D’une grande curiosité intellectuelle, il savait, même à partir de la théorie, éclairer finement les transformations contemporaines. Je lui dois énormément.
Simona ROTA-NODARI
« La patience, la résilience et la confiance en soi sont essentielles en recherche.»
Qui êtes-vous?
Je suis Simona ROTA NODARI, mathématicienne, professeure des universités au laboratoire J.A. Dieudonné d’Université Côte d’Azur.
D’origine italienne, je suis arrivée en France en 2007 dans le cadre du programme Erasmus pour poursuivre mes études en M2 de Mathématiques à l’Université Paris-Dauphine. Ce qui devait être un séjour de quatre mois s’est transformé en une belle aventure qui m’a conduite à m’installer définitivement en France.
Mes travaux de recherche portent sur l'étude d'équations aux dérivées partielles (EDP) non linéaires issues de la physique, avec un double objectif : développer des connaissances théoriques en analyse des EDP et améliorer la compréhension des phénomènes physiques complexes que ces équations décrivent.
Qu’est-ce que signifie pour vous « faire bouger les lignes » ?
« Faire bouger les lignes » signifie pour moi aller au‑delà de sa zone de confort, explorer de nouvelles voies et montrer que des possibilités inattendues existent.
J’ai moi-même grandi dans un milieu familial éloigné du monde académique, mais, grâce aux opportunités que j’ai eu la chance d’avoir et aux rencontres qui ont jalonné mon parcours, j’ai pu construire mon chemin jusqu’au métier d’enseignante-chercheuse.
Quelles sont vos forces ?
Ma force est la persévérance. Je la dois aux valeurs transmises par mes parents, qui m’ont appris l’importance de ne jamais renoncer devant les obstacles et de voir dans chaque difficulté une occasion de progresser. Cette force a été nourrie par dix années de patinage artistique à haut niveau, qui m’ont enseigné la discipline, le dépassement de soi et la rigueur. Aujourd’hui, elle se prolonge dans ma famille, qui est un appui et un équilibre au quotidien.
Racontez un obstacle et comment vous l’avez surmonté ?
Les années de recherche d’un premier poste permanent ont constitué l’obstacle majeur de mon parcours académique. Pendant quatre ans, j’ai enchaîné des contrats postdoctoraux de courte durée, passant des concours de recrutement partout en France. Cette période était pleine d’incertitude : il fallait gérer le stress constant des évaluations, les échecs répétés, et l’instabilité liée aux changements de poste.
Grâce au soutien précieux de mes encadrants scientifiques et de mes proches, j’ai néanmoins réussi à rester concentrée sur mon travail. Ma profonde passion pour les mathématiques m’a certainement permis de maintenir ma motivation malgré les obstacles et les échecs.
Avec le recul, je réalise que cette période m’a appris combien la patience, la résilience et la confiance en soi sont essentielles en recherche. Collaborer avec des personnes différentes et travailler sur des sujets variés m’a également permis de développer mon ouverture d’esprit scientifique, en découvrant de nouvelles perspectives et façons de penser.
Quel fait marquant à fait évoluer votre carrière ?
Être nommée membre junior de l’Institut Universitaire de France en octobre 2024. Il s’agit d’une reconnaissance prestigieuse de la qualité et de l’originalité de mes travaux et de mon projet de recherche. Pendant cinq ans, cette nomination me permet de mener mes recherches dans des conditions optimales, de développer de nouvelles collaborations et de contribuer à l’avancement des connaissances dans mon domaine.
Ce parcours n’aurait pas été possible sans les rencontres, d’hommes et de femmes, que j’ai faites tout au long de ma carrière. Elles ont stimulé ma réflexion, enrichi mes recherches et ouvert de nouvelles perspectives.
Quels sont vos projets ?
Sur le plan scientifique, je souhaite poursuivre mes recherches et continuer à contribuer au développement des connaissances théoriques en analyse des EDP. Grâce à un financement de l’Agence Nationale de la Recherche que j’ai récemment reçu, j’aimerais faire avancer la constitution d’une équipe pluridisciplinaire au sein du laboratoire J.A. Dieudonné autour d’une thématique commune en physique mathématique. L’objectif étant par la suite de créer des liens solides avec les physiciens et favoriser les collaborations entre disciplines.
Mes projets ne se limitent pas à la recherche : l’enseignement reste pour moi un aspect central du métier, et c’est un point qui me tient particulièrement à cœur. Je souhaite transmettre ma passion pour les mathématiques aux nouvelles générations d’étudiants et étudiantes, mais également donner envie aux plus jeunes de découvrir ce domaine fascinant, notamment à travers des initiatives comme la Fête de la Science à laquelle je participe régulièrement.
Finalement, je veux continuer à promouvoir la place des filles et des femmes en mathématiques, en soutenant les initiatives qui encouragent leur participation et leur confiance dans les sciences.
Quelles sont vos valeurs en dehors de votre vie professionnelle ?
La curiosité, l’honnêteté et le respect.
Une personne inspirante pour vous ?
Plusieurs personnes m'ont inspirée tout au long de mon parcours, mais les premières ont été mes parents. Ils m’ont appris que la réussite est le fruit du travail et que les efforts sont tôt ou tard récompensés.
